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jeudi 3 septembre 2009

Les inconnus de l'organisation des savoirs

Même si, aujourd’hui, l’Internet commence à bousculer le monde de l’édition, le chemin de fabrication d’un livre reste identique à celui des imprimeurs humanistes. Il ne s’agit pas seulement de la publication d’un texte écrit par un auteur, il y a aussi un ensemble d’actions qui essaient d’améliorer la transmission et l’organisation des savoirs qu’y sont liés.

Malgré l’importance de ces travaux sur le texte original, ils sont souvent méconnus, de la même façon que ses professionnels. L’activité du « correcteur » remonte à l’époque de l’imprimerie humaniste et se maintient jusqu’à nos jours, accompagnant l’évolution technique et les différentes mutations socio-économiques.

De cette façon, il convient, à partir de l’article d’Anthony Grafton (Vers une histoire sociale de la critique textuelle), de se demander comment les différents travaux sur les textes sont liés à l’organisation des savoirs. Comment le savoir tient-il une place dans l’évolution de la fabrication du livre ? Pour cela, nous allons analyser le caractère multidisciplinaire de l’imprimerie et les savoirs qu’y ont été développés, et parcourir quelques changements vécus par l’organisation des savoirs sur le livre.


Le travail multidisciplinaire de l’imprimerie

Même avant l’apparition des caractères mobiles de Gutenberg, les travaux sur l’encre, les supports, la reliure, etc. ont été faits en fonction du développement des techniques et du travail manuel. À côté de cela, il y avait, cependant, le travail intellectuel des moines qui étaient chargés de la copie des manuscrits et qui faisaient aussi des gloses et des ajouts aux textes copiés.

Avec l’arrivé de l’imprimerie, la technique employée exige toujours le travail manuel, cela veut dire, le travail avec le texte avait besoin de connaissances techniques pour la manipulation de la presse, pour la composition et l’encrage des caractères, etc. Cependant, le travail intellectuel n’était pas moins important, car la qualité de l’ouvrage dépendait d’un bon travail graphique lié au travail des imprimeurs et correcteurs.

Les éditeurs humanistes avaient normalement une bonne formation, avec connaissances des classiques mais aussi des connaissances plus techniques sur le processus d’impression. Les correcteurs, responsables du travail intellectuel, devaient avoir un savoir adéquat, « acquis normalement par une formation humaniste, une pratique soutenue de l’art de la grammaire latine et l’étude des classiques. »[1]

L’atelier de l’éditeur était, donc, une entreprise à but lucratif comme les autres, mais qui avait aussi des activités savantes, tout comme les maisons d’édition actuelles qui font des éditions critiques et qui publient encore les classiques jusqu’à des études sur les sujets les plus divers. Il s’agit d’un travail collectif où la technique est intrinsèquement liée avec l’intellectuel. Dans l’imprimerie, « le travail artisanal nécessitait la supervision d’intellectuels. Et ceux-ci, à leur tour, ne pouvaient éviter de salir les mains. »[2]


Le savoir dans la fabrication du livre

Au sein de cet atelier/entreprise, des pratiques et des techniques nouvelles ont été développées en fonction de son besoin et de son quotidien. Tout d’abord, il faut expliquer que la profession d’éditeur, comme celle de correcteur et quelques autres professions liées au livre, était transmise au sein de la famille. L’atelier n’était pas une affaire facile, il avait besoin d’un grand investissement initial et d’un éditeur avec une formation intellectuelle et des importants contacts pour l’exécution d’un bon travail de correction.

De cette façon, le passage de connaissance se faisait naturellement ; comme le latin qui était devenue une langue accessible même à ceux qui n’avaient jamais pris des cours. Les femmes, les enfants et quelques employés, qui étaient en contact avec l’ambiance de l’imprimerie, pouvaient comprendre et parler d’une façon simple cette langue qui était couramment employée.

On peut citer, de la même façon, le développement et la perpétuation d’un langage propre au monde de l’imprimerie. « En quelques décennies après l'invention de l'imprimerie, les correcteurs imaginèrent un système de signes pour marquer les corrections, encore en usage aujourd'hui. »[3] Il s’agit des signes utilisés pour indiquer une altération, un changement, une faute, des styles graphiques, etc., ils étaient et sont toujours utilisés parce que rendent le travail plus clair et agile.

Son utilisation reste jusqu’à aujourd’hui en fonction du passage de ce type de connaissance spécifique faite au cours des années, ainsi comme les mots dérivés « d’emmendata » (textes corrigés) et les termes « casse haute » et « casse basse » employés comme synonyme de « majuscule » et « minuscule », heritiés de l’organisation des caractères mobiles dans l’imprimerie.

Il ne faut pas oublier que l’introduction du point-virgule a été faite par les correcteurs. Les textes originaux n’avaient pas ce signe qui a été adopté avec une fonction différente de celles qui existaient jusqu’au moment. Le travail des correcteurs, alors, s’agissait d’éventuels changements sur les textes originaux en fonction de différentes raisons ; « le travail qu'ils exécutaient affectait considérablement le sens et la réception des ouvrages qu'ils préparaient pour l'impression »[4], voilà le motif pour ne pas le négliger.


Les changements dus aux ordres socio-économiques

Au-delà des changements sur le texte, il est clair que la pratique de la profession s’est beaucoup transformée selon l’époque. Le passage du livre manuscrit à celui imprimé représente aussi un changement dans la fonction sociale du livre. Avec l’imprimerie, le livre, objet intellectuel, devient aussi une marchandise.

Cette nouvelle réalité a créé des nouveaux besoins, il faudrait offrir des nouveautés dans le traitement du texte : « agrémenter son texte en divisions claires, le pourvoir de résumés marginaux ou l’accompagner d'index systématiques. La régularisation, la normalisation et la facilité de consultation devinrent des traits saillants du texte imprimé uniforme et moderne. »[5]

Le besoin de ce type de travail oblige l’apparition du correcteur, une profession nouvelle qui n’existe qu’en raison de la naissance de l’imprimerie, il s’agit « d’un nouveau type social, un phénomène né de l'imprimerie. »[6]

De la même façon, la récente apparition de l’Internet, nouveau moyen de communication, de mise à disposition et possiblement de stockage des savoirs, a créé le besoin de nouvelles professions comme celle du webdesigner et des spécialistes en référencement de sites web. Ainsi comme à l’imprimerie, les nouvelles taches de l’Internet ont aussi des langages spécifiques comme le html, le xml, le php, etc.

Malgré cela, le travail des correcteurs reste encore aujourd’hui d’une grande importance dans les maisons d’édition, mais toujours comme un travail peu reconnu. Avec un relatif pouvoir d’action sur le texte, mais avec un rôle décisif dans la présentation du texte (qui peut compter avec préfaces, notes, commentaires, etc.), le travail du correcteur est souvent méconnu du grand public.



[1] Anthony GRAFTON. « Les correcteurs de l’imprimerie et la publication des textes classiques ». In GIARD, Luce et JACOB, Christian. Des Alexandries I. Du livre au texte. BnF, 2001, p. 431.

[2] Anthony GRAFTON. « Vers une histoire sociale de la critique textuelle ». In JACOB, Christian. Lieux de savoir. Albin Michel, 2007, p. 560

[3] Anthony GRAFTON. « Les correcteurs de l’imprimerie et la publication des textes classiques ». In GIARD, Luce et JACOB, Christian. Des Alexandries I. Du livre au texte. BnF, 2001, p. 429.

[4] Anthony GRAFTON. « Les correcteurs de l’imprimerie et la publication des textes classiques ». In GIARD, Luce et JACOB, Christian. Des Alexandries I. Du livre au texte. BnF, 2001, p. 430.

[5] Anthony GRAFTON. « Vers une histoire sociale de la critique textuelle ». In JACOB, Christian. Lieux de savoir. Albin Michel, 2007, p. 561

[6] Anthony GRAFTON. « Vers une histoire sociale de la critique textuelle ». In JACOB, Christian. Lieux de savoir. Albin Michel, 2007, p. 560

samedi 1 août 2009

Faire l’histoire des bibliothèques aujourd’hui

Avec une histoire très ancienne, mais avec une étude qui commence très tardivement, les bibliothèques ont eu plusieurs informations importantes sur leur histoire perdues pendant les années. Cependant, il y a encore quelques autres morceaux d'histoire qui existent toujours, mais qui n'ont pas été encore organisés et parfois, même pas été trouvés.
De cette façon, les études qui existent actuellement dans ce domaine peuvent prendre plusieurs chemins, tels comme : essayer de reconstruire le contenu des bibliothèques dans un moment donné, étudier les bibliothèques qui ont disparu, mais aussi celles qui existent encore, analyser les valeurs symboliques de certaines bibliothèques, etc.
Pour cela, plusieurs sources doivent être cherchées et étudiées, à commencer par les inventaires et catalogues, qui parfois ne sont pas facilement trouvés et encore moins, mises à jour. En plus, ils sont parfois difficiles à lire. Après cela, il faut chercher dans tous les documents de la bibliothèque pour essayer de trouver les livres qui ont été dans ces bibliothèques car ils peuvent avoir des informations importantes, comme un code, une référence, une date, etc.
L'intention de ce travail est celle d'analyser les méthodes de recherche qui ont été mises en place par deux chercheurs, à partir de leurs ouvrages. La première est La véritable histoire de la bibliothèque d'Alexandrie de Luciano Canfora et la seconde, La Bibliothèque Nationale des origines à 1800 de Simone Balayé.

Le sujet et les difficultés
Avant même de réfléchir sur le but de chaque recherche, il convient de placer les sujets et d'analyser, par rapport à cela, quelles sont les difficultés qu'ils imposent à la recherche.
Dans le premier cas, il s'agit de l'histoire d'une bibliothèque antique qui a été détruite. Déjà le fait de s'agir d'un objet très éloigné dans le temps, met en jeu les difficultés que l'on trouve par rapport à cela : la perte de documents pendant le temps, le manque de documentation des époques antiques, etc. Dans ce cas-là, la difficulté en trouver les sources est encore plus compliquée. Comment l'on voit dans l'ouvrage, elle-même, les livres et les documents de la bibliothèque ont été brûlés il y a milliers d’années. Ce qui lui offre encore moins de possibilités de trouver quelque document.
Sur l'ouvrage de Simone Balayé, l'on trouve une étude sur la Bibliothèque Nationale. Malgré ses origines très anciennes, elle s'agit d'une institution contemporaine qui est étudiée jusqu'à 1800. Sûrement, il n'est pas possible de trouver tous les documents aussi dans ce cas, « certaines lacunes graves de l'information ne seront jamais comblées » (André Miquel, dans la préface), mais la grande difficulté était, peut-être, celle de tout rassembler, d'organiser toutes les informations d'une façon claire et logique sans rien oublier.

Ce qui chacun veut avec son ouvrage
Dans ces domaines, il faut vérifier ce qui chacun voudrait comme résultat de son travail. C'est vrai que quand l'on commence une recherche, on ne sait pas souvent où est-ce qu'on va vraiment arriver, mais il y a quelques informations qu'on peut essayer de trouver.
Devant les impossibilités de faire un travail avec statistiques et autres informations détaillées, Luciano Canfora essaie de raconter l'histoire de la bibliothèque d’Alexandrie, mais la véritable histoire, hors les mythes et les légendes. Balayé, par contre, prend tous les travaux et fait un seul complet, elle essaye de tout lier dans un grande ouvrage sur la Bibliothèque Nationale.

Les sources et la méthode
Un des motifs qui font de la bibliothèque d'Alexandrie l’objet de plusieurs recherches jusqu'au aujourd'hui est, sans doute, sa valeur symbolique : « Auréolée de légende, la bibliothèque d'Alexandrie a réussi à incarner le mythe surréel qui voulait rassembler en un lieu clos les livres du monde entier. » Également, c'est à cause de cela que l'on peut trouver un certain nombre d'informations.
Celui n'est pas le seul livre sur la Bibliothèque d'Alexandrie. Même le mot « véritable », qui apparaît dans le titre, fait référence à tout cela qui était dit sur ce sujet, sans, cependant, s’assurer des informations fiables, ce que ne nous permet pas de les confirmé en tant que vérité ; plusieurs mythes ont été inventés sur cette bibliothèque. Tous ces livres, les mythes et tout ce qui était prise en compte par l'histoire ont été importantes pour l'auteur.
Dans le cas de la Bibliothèque Nationale, dans la préface de l'ouvrage, André Miquel, ancien administrateur de la Bibliothèque Nationale, raconte tout que Simone Balayé a utilisé pour reconstruire l'histoire de cette bibliothèque. Il dit que, jusqu'au moment, il n’y avait que des travaux fragmentés ; il faudrait, donc, prendre tout ce qui a été fait comme étude sur la Bibliothèque Nationale, soit les études du passé, soit les études patrimoniales.
De cette façon, André Miquel raconte que Balayé utilise des « travaux de première main et de sources documentaires qui ont survécu aux destructions », « les inventaires anciens, les acquisitions », en plus, elle a parlé avec plusieurs personnes qui ont travaillé là-bas.
Dans ses remerciements, elle fait référence à quelques détails qui peuvent nous donner des pistes sur quelques éléments importants de sa recherche. Elle remercie les archives nationales, où elle a trouvé les plus divers documents, comme lettres du ministre, informations sur les bâtiments de la Bibliothèque, statistiques des monuments et livres de la Bibliothèque, etc. Comme on avait déjà dit, elle parle aussi de l'importance des ses « prédécesseurs », ceux qui ont étudié aussi la BN, et fait référence aussi aux séminaires qui ont permis de mettre leur travail à l'épreuve.
Canfora recherche, lui aussi, ce qu’avaient dit les auteurs qui ont fait des travaux avant le sien. Cependant, pour réussir à trouver les réponses à une recherche sur un sujet très éloigné de l'époque de l'étude, il a tourné ses études vers les auteurs anciens.

La recherche : comment se présent-elle ?
Canfora nous raconte l'histoire d'Alexandrie à partir de la structure d’un roman, avec les personnages, et comme si l’on pouvait s’arrêter quelques heures et tout lire avec une volonté de tout savoir : « Il était une fois à Alexandrie une bibliothèque pharaonienne célèbre dans le monde entier… » La table de matières est simple, sans sous-chapitres (qui n'existent non plus dans le texte) et elle ne présente presque aucune information claire sur ces chapitres, ce qu’oblige le lecteur à lire toute l'œuvre suivant l'ordre donnée dès le début.
Balayé, par contre, fait une œuvre de référence, surtout pour la consultation. La table de matières est bien définie par les périodes et présente aussi les sous-chapitres. Avec l'analyse de cette table de matières, c'est intéressant à vérifier que, pour chaque période, l'auteur a analysé presque les mêmes points : le personnel, les enrichissements, les catalogues, les bâtiments, le public, etc. Elle présente variations dans chaque administration, mais cela est aussi une possibilité de mise en comparaison avec ce qui existait avant et ce qui vient après.
Le texte lui-même présente plusieurs notes, qui parfois occupent plus que la moitié de la page. Elles donnent informations détaillées sur un passage, référence des sources ou des autres ouvrages, etc. Presque à la fin du livre, il y a une partie : « illustrations », avec 53 planches noir et blanc, portraits, plans, représentations de la BN, projets d'architecture, photos des salles et façades, avec légende et commentaires. Les portraits, Simone Balayé les utilise pour faire connaître les grands personnages du livre et de la BN. Les autres illustrations, elles sont utiles pour une étude plus détaillée des bâtiments, des projets d'aménagement, de transfert ou de reconstruction (comme nous souvient André Miquel dans la préface).
Pour le livre de l'histoire d'Alexandrie, les notes de bas de page sont principalement traductions des expressions utilisées en latin. Mais, à la fin, l'auteur présente, dans une partie « Notes », tous les textes et auteurs qu'il a utilisé comme référence. C'est là que l'on voit que l'auteur a utilisé les sources plus sûres, en invoquant les textes des auteurs anciens. Louis Desgraves dit, en un article sur le livre pour la BBF que « une parfaite familiarité avec les auteurs anciens lui permet, pour le plus grand plaisir du lecteur, de rendre vivants à nos yeux cette célèbre bibliothèque et ceux qui furent les artisans de son enrichissement puis de sa destruction. »
Après ces « Notes », nous trouvons la dernière partie du livre : « Sources ». Là, l'auteur reprend quelques sujets qu'il a utilisés pour développer l'histoire et donne quelques autres détails et références. Le livre présente aussi quelques images légendées, mais que ne sont que des plans : un de la ville d'Alexandrie et les autres des temples.
Côté BN, l'on trouve une bibliographie étendue et détaillée, avec une division en deux parties : sources manuscrites et sources et travaux imprimés. Les documents sont après organisés en accord avec le lieu où ils ont été trouvés et, après, par code ou par auteur et titre. Dans ces sources, l'on trouve livres, cartes, rapports, autorisations, dépenses, statistiques, plans, exposition, inventaires, catalogues, manuscrits enluminés, portraits, etc.
Dans le texte, Balayé raconte comment chaque administration et chaque personnage qui a eu une place important dans l'histoire de la bibliothèque a fait ses travaux, quelle était sa fonction, toujours avec les dates et avec les chiffres nécessaires. Elle fait des comparaisons entre les chapitres, justifie ses informations avec ce qu'elle a trouvé dans sa recherche et à la fin, elle enrichi le travail avec une « Chronologie », « Le personnel dirigeant de la bibliothèque », la « Historiographie », les « Illustrations » (que l'on a déjà parlé) et un « Index » des noms.
Sur l'histoire de la bibliothèque d’Alexandrie, Louis Desgraves dit, encore dans son article, qu'il s'agît d’un roman intéressant, où « l'auteur a l'art de rendre vivante et colorée une longue histoire souvent embrouillée, d'en démêler tous les fils. » Il met en scène les personnages connus et fait la description de certains faits qui ont un valeur important à l'histoire, mais aussi quelques uns qui sont même bien connus, comme le fait de prendre les manuscrits de tous les navires qui avaient des archivés pour les mettre dans la bibliothèque et faire une copie pour rendre au propriétaire ; et aussi l'histoire d'Aristophane que lisait tous les livres de la bibliothèque en ordre.

Conclusion
Par rapport à chaque travail, à chaque recherche, il faut trouver la meilleure méthode à suivre. Chaque sujet présent les difficultés les plus diverses, mais la grande variété de chemins donne toujours une indication d’où il faut commencer à chercher.
En s’agissant d’une recherche sur une bibliothèque, une bonne option est celle de commencer par une recherche des anciennes études, et voir les pistes qu’elles donnent pour le début. Après cela, il est utile de vérifier la possibilité de trouver des archives qui n’ont pas encore été analysées et ce qu’ils peuvent offrir comme piste. Parfois, il est possible de faire des entretiens avec fonctionnaires, usagers de la bibliothèque ou d’accéder aux inventaires et, peut-être, même à quelques documents personnels.
Dans le cas de ces deux livres, même si les deux ont été publié au même année et malgré la recherche et l’importance donné à ceux qui avaient déjà écrit sur ces sujets, la recherche de chaqu’un demandait une orientation différente. Simone Balayé avait la possibilité et le besoin de consulter les plusieurs archives existantes dans la bibliothèque, ce qui a rendu possible une œuvre complète, avec des détails sur le financement de la bibliothèque, mais aussi sur la formation de divers bibliothécaires qui étaient importants dans son histoire.
Luciano Canfora, lui, fait une recherche plus profonde sur les auteurs anciens, qui ont écrit sur la bibliothèque d’Alexandrie et sur ce qui était à côté de son histoire. Avec ces témoignages, plus que l’histoire d’Alexandrie, l’auteur a réussi à mettre en place les idées et la pensée de l’Antiquité classique.

Sources
Canfora, Luciano, La véritable histoire de la bibliothèque d’Alexandrie, Paris, ed. Desjonquères, 1988.
Balayé, Simone, La Bibliothèque nationale des origines à 1800, Genève, Droz, 1988.

Delon. M., In memoriam Simone Balayé (1925-2002), Revue d’Histoire Littéraire de la France 2002/4, Vol. 102, p. 699-700.
Pallier, D., Bibliothèque du bibliothécaire, BBF 1988, Paris, t. 33, n° 4
Desgraves, L., Bibliothèque du bibliothécaire, BBF 1988, Paris, t. 33, n° 4

samedi 13 juin 2009

Status : ocupada

Faz muito tempo que não escrevo. Voilà meus três motivos:

1. Mini-mémoire : uma espécie de mini trabalho de conclusão de curso reduzido; o que significa por volta de 30 páginas de trabalho sobre um serviço específico de uma biblioteca e seu respectivo público. Escolhi A Hora da Descoberta, um serviço organizado pela Biblioteca Municipal de Lyon para valorizar e tornar mais acessível suas coleções raras. Através de sessões de duas horas mais ou menos, em três horários diferentes no fim de semana, todo mundo pode chegar bem pertinho de manuscritos, estampas, livros antigos, além de ter ateliês de encadernação com os próprios profissionais da biblioteca e ter a oportunidade de conhecer as profundezas da área reserva para os livros raros.

2. A busca do mistério do Parallèle : para validar as matérias de Historia do Livro e de Patrimônio, M. Varry nos passou a seguinte missão : “um livreiro entra em contato com você e te propõe a seguinte obra que ele pensa que pode interessar à sua biblioteca. Qual reflexão você desenvolve quanto ao interesse dessa obra, sua condição, seu preço, sua integração, sua conservação e sua valorização nas coleções de sua biblioteca.” A obra é o Parallèle d’architecture antique avec la moderne de Roland Fréart Chambray, de 1650, e que custa a simpática quantia de 4.200 dolares.
http://www.baumanrarebooks.com/rare-books/freart-roland/parallele-de-l-architecture-antique-et-de-la-moderne/48616.aspx

3. Drôles de bibliothèques : um trabalho em grupo sobre a imagem das bibliotecas e dos bibliotecários na literatura e no cinema, ou seja, assistir três filmes por dia (de uma lista de 700) procurando a cena com a biblioteca. A intenção é organizar tudo isso depois em um site, por enquanto criamos uma wiki (http://bibsurecrans.jottit.com/) para ter sugestões sobre o assunto.

Tudo isso deve terminar em, no máximo, duas semanas, e se der tudo certo conto as novidades sobre esses meu trabalhinhos.

mardi 19 mai 2009

Christine de Pizan

Após o post de boa conduta das mulheres, nada como um simpático post sobre Christine de Pizan. Alguém que me acompanhou por todo o meu primeiro semestre, já que ela foi tema de um trabalhinho meu. Mas para falar dela é preciso, claro, voltar à sua época, à Idade Média, aos manuscritos e ao comecinho da literatura. Mas também a um momento em que a noção de autor era muito diferente da que temos hoje. Direito autoral? Como? se a circulação dos textos dependia justamente da sua copia?! Como? se o único a poder criar algo era Deus? De qualquer forma, alguns dos textos dessa época fazem realmente parte da nossa cultura geral: quem nunca ouviu falar de Chrétien de Troyes ou suas histórias em torno da cavalaria, de Lancelot e da Távola redonda?!

Christine de Pizan é conhecida como a primeira escritora francesa que conseguiu viver à partir de sua profissão, mas também uma das primeiras escritoras/escritores a assinar e a organizar de verdade suas obras. De origem italiana, ela vem com o pai para a França e casa com um nobre que acaba morrendo muito cedo. Para sobreviver, ela começa a escrever e organiza um atelier de escrita onde ela faz também a cópia de outros livros.

É com frequência que ela aparece mesmo nas iluminuras dos seus manuscritos, muitas vezes ela está dedicando a sua obra a algum membro da corte ou então em um momento de trabalho. Essas representações, assim como o fato de assinar suas obras, mostram a organização de Christine, mas mais do que isso mostram uma tendência do fim da Idade Média que é a reivindicação da autoridade de uma obra. Mesmo se ela oferece sua obra à Corte, é ela que é representada com o livro entre suas mãos, ou escrevendo.

Além disso, a representação da Corte é importante pois pode ser também uma forma de agradecimento. O fato do pai de Christine ter trabalhado na Corte do rei Charles V, permitiu que ela entrasse em contato com toda a riqueza cultural dessa Corte (que não era acessível a qualquer um), o que lhe possibilitou uma boa formação e condições intelectuais de trabalho.

Christine escrevia tratados de política e de filosofia, mas também poesias e uma temática recorrente em suas obras é a questão das mulheres. Mesmo se muitos estudos apresentam ela como uma grande feminista, estudos mais recentes mostram que, por outro lado, ela nunca questionou a ordem social vigente. De qualquer forma, as mulheres estão presentes nas mais diversas cenas: na construção de uma cidade em La Cité des dames, no meio da cavalaria, na guerra etc.

Iluminuras no Catalogue of Illuminated Manuscripts de la British Library.

mardi 5 mai 2009

Detalhes de um livro antigo

Desde os incunábulos até os livro do século XVIII, mesmo que o livro evoluísse em alguns pontos, no geral, muitas características foram mantidas.

Mesmo se às vezes suas funções não são muito bem compreendidas, elas eram essenciais na fabricação do livro antigo e, hoje, servem como fonte de informação para estudos sobre a história do livro, já que geralmente apresentam características muitos peculiares de acordo com à época e o lugar que o livro foi feito (mesmo se essas informações devam constar na página de título, essas análises são muito importantes devido à existência de diversas falsificações e mesmo à destruição de diversas páginas de título).

Duas marcas importantes que encontramos nos rodapés dos livros, são as que, em francês, chamam-se signature e réclame. A signature serve para indicar quantas páginas têm um caderno e então o formato do livro. A signature tradicional tem as seguintes características :

- Cada caderno é representado, em ordem, por uma letra de A até Z, mas sem J e U que eram representadas por I e V e sem o W que não existia.
- Dentro do caderno, a primeira página recebe a notação A, a segunda Aij, Aiij, etc., até a metade do caderno.
- O número de páginas por caderno, informa quantas vezes a página em tamanho original foi dobrada até formar o caderno no tamanho do livro, definindo assim se ele é um in-folio, in-4°, in-8°, etc.

Já o réclame, que é uma palavra que aparece no fim de todo o caderno, é utilizado para que o encadernador saiba e verifique a sequência dos cadernos. Desse modo, o réclame corresponde à primeira palavra do outro caderno.

Acontece que, tanto a signature quanto o réclame, variam de acordo com a origem do livro. O réclame francês, por exemplo, é sempre a primeira palavra inteira do caderno seguinte, mas existem outros tipos, como réclames de uma página à outra (livros de fora da França ou dos séculos XV ou XVI), de uma coluna à outra, etc. Com relação às signatures, as variações são com relação ao posicionamento do rodapé da página, (no centro, à direita), à utilização de símbolos bizarros, de maiúsculas e minúsculas e da quantidade de páginas que recebem a notação ou não.

jeudi 9 avril 2009

Um pouquinho da edição francesa

Com a publicação de uma nova obra, Edition, presse et pouvoir en France au XXe siècle, Jean-Yves Mollier veio à enssib no começo da semana para apresentá-la. Autor de diversos livros sobre o mundo da edição francesa, ele diz que este livro é uma continuação do trabalho apresentado em L'Argent et Les Lettres. Le capitalisme d'édition 1880-1920.

Com o desenvolvimento dos grandes grupos de comunicação, o século XX, na França, é marcado pela disputa entre Hachette e o Groupe de la Cité (Editis). Concorrência que se definia principalmente à partir do domínio que cada groupo obtinha dos canais de distribuição. O livro ainda aborda o que aconteceu com a edição na época da guerra, durante a dominação nazista, que fez com que fossem definidas listas com os livros que os editores deveriam esconder. Além disso, com a ocupação, os alemães começam a controlar justamente o canal de distribuição da Hachette o que lhes permite de fazer suas informações circularem muito bem por toda a Europa dada a importância das Messageries Hachette.

O fato deste livro envolver assuntos polêmicos e ainda não explorados fez com que certas sociedades e certos jornais nem falassem muito do livro (utilizando a tática do melhor não falar nada do que reclamar, criticar, levantar polêmica e terminar por divulgar o livro). De qualquer forma, o trabalho de Jean-Yves Mollier é muito bem feito contando com a análise de todos os documentos da Hachette, o que lhe permitiu encontrar mesmo alguns problemas de veracidade nos documentos dos arquivos nacionais da França.

Sobre a atualidade, Jean-Yves Mollier comentou as mudanças pelas quais a edição esta passando e disse que no geral a editoras estão se preparando : todos os livros publicados recentemente em papel têm também um arquivo que pode ser disponibilizado para as leituras nos readers, além disso, livros antigos também estão, pouco a pouco, sendo disponibilizados na forma eletrônica. Ele não acredita no fim do livro, mas analisa que cada vez mais começaremos a ler sobre suportes digitais. O que é interessante de pensar é que toda a rede de distribuição de informacões (livros, jornais, revistas, etc), que era tão imporante no século passado, pode vir a perder seu poder com a difusão pela internet.

Jean-Yves Mollier, Alban Cerisier, Où va le livre?, La dispute, 2000, 283 pages
Jean-Yves Mollier, L'argent et les lettres: histoire du capitalisme d'édition, 1880-1920, Fayard, 1988, 549 pages
Jean-Yves Mollier, Edition, presse et pouvoir en France au XXe siècle, Fayard, 2008, 493 pages
Em português : Eliana Regina de Freitas Dutra, Jean-Yves Mollier, Política, nação e edição: O Lugar dos impressos na construção da vida política: Brasil, Europa e Américas nos séculos XVIII-XX, Annablume, 2006, 621 pages

dimanche 5 avril 2009

O manuscrito medieval e algumas peculiaridades

leituraemvozaltaestavalendosobreaformadecomposicaodosmanuscritos
madievaiseaoqueparecenaohaviaseparaçaodaspalavrasenempontuacao
aseparacaodosentidoerafeitaporlinhaparafacilitaraleituraealocalizacao
aleituraeraemvozaltapraticacomumatéoséculoIXoquefacilitavaaleitura
nocasodeumtextocomoesteentaodecidiescreverdomesmojeitoparaverse
defatoaleituraemvozaltafacilitavaeparecequesimmaséinteressantetentar
algumasabreviacoes 9:com 7:e ;:ue ~:nasalizacoes/al~ da falta de letras
9o o j 7 o u q; eram representadas do mesmo ieito q; o i 7 o v p. escrever
mais rapido ocvpar menos espaço 7 o texto ficasse bñ aliñado copistas
vtilizavã ˜ifinitas abreviac~ vtilizadas pra sons nasais palavras 9 grande
ocorrencia e nomes 9o DS diev JHS jesvs K charles XPS cristo ST santo
pontuacaocom o tempo ecom os trabalhos dAristophanedeByzance eda
biblioteca dAlexandria°palavras comecam a se separar euma pontuacao
simples comeca a ser utilizada`. ela mudou muito com o tempo°mas o
ponto final era uma composicao de pontos com traços°a virgula variava
deacordo com o tempo dapausa°mas era geralmente uma pontuacao no
alto ; pontoevirgula e outros sinais foram utilizados de forma variada`.
diagramação : a divisão em assuntos, capítulos e temas era feita com as
letras capitulares e/ou em cores, geralmente vermelha mas também em
azul, destacando temas e itens importantes. Além disso, os comentários
eram muito importantes na diagramação do manuscrito, assim como o
alinhamento de todos os textos da composição, de modo que o copista
utilizava abreviação mas mantinha a composição esteticamente perfeita

mercredi 1 avril 2009

Marca d’água

É, mesmo que a função do word “inserir marca d’água” seja a primeira a vir na cabeça quando falamos de marca d’água, neste caso, me refiro à marca d’água que precisamos colocar contra a luz para ver. Atualmente, sua utilização mais comum está no dinheiro (papel-moeda) e em alguns selos de colecionadores.

Acontece que, até o momento que o papel começa a ser fabricado com máquinas (século XIX), os papéis tinham normalmente marcas d’água que podiam oferecer algumas informações sobre determinado papel.

A marca d’água é uma invenção ocidental, a primeira encontrada é de 1282, uma cruz grega da cidade de Fabriano na Itália. Mas logo depois, é possível encontrar uma grande variedade – de pequenos desenhos, ou mesmo palavras (contremarque) – que podiam informar características e qualidade do papel, fazer uma homenagem a uma personalidade, indicar a origem e a data de fabricação do papel. Mas todas essas informações não são encontradas em todos os papéis, variando de acordo com a sua época de produção.

Os estudos sobre os livros antigos caem geralmente sobre a análise dessas marcas d’água e sobre as informações que elas podem oferecer. Para reconhecer os diferentes símbolos, uma ferramenta importante chama-se Briquet, uma obra publicada em 1907 que contem as marcas d’água com o atelier ao qual ela se refere para os papéis produzidos até 1600.

Para quem tem interesse no assunto ou tem livros antigos em casa e quer se divertir, segue uma pequena sugestão de livros e sites:

Briquet, Dictionnaire historique des marques de papier, 1907.
Gaudriault, Filigranes et autres caractéristiques des papiers fabriques en France au XVIIe et XVIIIe siècles, Paris, CNRS éditions et J. Telford, 1995.
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